Rapprocher analyse paléographique et computationnelle pour la description de mains
Résumé. Pour remédier au manque de méthodes quantitatives interprétables, cette contribution propose une nouvelle méthode computationnelle visant à rapprocher analyse paléographique et quantitative pour la description et l’attribution des mains qui repose sur la création de « prototypes » visuels, appliquée sur 20 échantillons en Textualis Formata (XIIIe – XVe s.).
Les avancées informatiques depuis les premiers calculs de Léon Gilissen ont soutenu les paléographes dans leur entreprise de mesurer, décrire et analyser de manière objective les spécimens d’écriture. Ceci est particulièrement pertinent dans le contexte des écritures uniformisées, ouvrant ainsi l’accès à des éléments caractéristiques d’une « main ». Cependant, malgré les progrès considérables dans le domaine de la paléographie numérique, notamment sur la classification et la reconnaissance de mains ou d’écriture, les méthodes computationnelles actuelles demeurent très éloignées du modus operandi des paléographes, et leurs résultats difficilement interprétables.
Pour tenter de combler le fossé entre méthodes computationnelles actuelles et celles paléographiques, nous proposons d’exploiter une méthode récente, le Learnable Typewriter. Elle décompose des images de texte fournies et crée un dictionnaire visuel de « prototypes » qui correspondent pour chaque caractère à la moyenne des différentes graphies.
Lors du processus création des prototypes les graphies sont implicitement normalisées, et réencadrées à une échelle uniforme, indépendamment de leur couleur et de leur taille, ce qui les isole du bruit contextuel (support, lettres adjacentes) et permet la comparaison des éléments homologues. Cette approche offre donc la possibilité de visualiser et de décrire objectivement et de manière interprétable des différences morphologiques fines au niveau des caractères, une entreprise délicate en langage naturel.
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Nous démontrerons l’effectivité de cette méthode pour l’analyse paléographique sur 20 échantillons de mains en Textualis Formata (XIIIe – XVe siècle). Nous proposons l’apprentissage d’un modèle de référence entraîné sur l’ensemble du jeu de données dont les prototypes seront interprétés au niveau des allographes de l’écriture, ainsi que des modèles individuels, interprétés comme les idiographes (cf. figure ; résultats préliminaires). Nous nous concentrerons sur leur exploitation pour répondre aux problématiques paléographiques suivantes :